Ban Ki-moon passe en pointillé sur les droits de l'homme au Sahara

Le secrétaire général de l'ONU envoie son rapport au Conseil de Sécurité. Inspiré par l'américain Christopher Ross, le document ne demande pas davantage de pouvoirs pour la MINURSO

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, n'a fait aucun cas des appels lancés par diverses institutions demandant un élargissement du mandat du contingent des Nations Unies au Sahara Occidental (MINURSO) pour qu'il puisse surveiller le respect des droits de l'homme dans ce territoire, contrôlé par le Maroc, et dans les camps de réfugiés de Tindouf (sud ouest de l'Algérie).

Ban Ki-moon vient de terminer la rédaction de son rapport sur le Sahara qu'il soumettra dans quelques jours au Conseil de Sécurité de l'ONU. Il s'agit du premier rapport inspiré par son nouvel envoyé personnel, l'américain Christopher Ross, le remplaçant du néerlandais Peter Van Walsum qui avait annoncé dans EL PAÍS sa démission le 28 août dernier. EL PAÍS a pu se procurer une copie du rapport avant qu'il ne soit publié (voir document ci-joint).

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« MINURSO n'a pas un mandat spécifique concernant les droits de l'homme et le Haut Commissariat aux Droits de l'Homme n'est pas présent sur le territoire ni dans les camps de réfugiés de Tindouf », signale Ban Ki-moon. « Je voudrais rappeler que les Nations Unies restent toujours engagées à élever le niveau des droits de l'homme et je répète mon appel aux parties [Maroc et Front Polisario] pour qu'elles continuent à s'investir dans un dialogue suivi et constructif » avec le Haut Commissariat.

À aucun moment Ban Ki-moon ne suggère au Conseil de Sécurité d'élargir le mandat de la MINURSO pour qu'elle puisse s'occuper des droits de l'homme comme le demandent le rapport de la Délégation ad hoc pour le Sahara Occidental du Parlement Européen, approuvé en première instance le 17 mars, et celui de l'ONG américaine Human Rights Watch, présenté à Rabat le 19 décembre. Un autre rapport du Haut Commissariat, rédigé en 2006 mais jamais publié officiellement, préconisait aussi une meilleure observation des droits de l'homme sans préciser qui devait s'en charger.

La Maroc est très réticent à attribuer des nouvelles compétences à la MINURSO cependant que le Polisario voit d'un bon ½il un élargissement de son mandat. Le Gouvernement de l'Espagne, ancienne puissance coloniale, s'est montré partisan, en juin 2005, d'octroyer à l'ONU davantage de responsabilité mais depuis lors il garde le silence.

Après sa tournée au Maghreb Ross a constaté que « très peu de choses ont changé suite au dernier round de négociations » entre le Maroc et le Front Polisario, au printemps 2008, et pour faciliter la reprise du dialogue il faut une « bonne préparation ». L'envoyé personnel recommande donc « une ou deux petites réunions préparatoires informelles » avant de revenir à la table de négociations.

Bank Ki-moon se réjouit, par ailleurs, de la diminution des violations du cessez le feu commises pendant les douze derniers mois. Leur nombre est tombé à onze pour ce qui est des Forces Armées Royales marocaines et à sept pour le Polisario. La Maroc est aussi responsable d'avoir empêché dans 75 cas la libre circulation de la MINURSO et son adversaire dans deux cas.

Les incursions de civils dans la zone tampon ou démilitarisée du Sahara, qui sépare les deux adversaires, n'est pas interdite par les accords de 1991 conclus sous les auspices de l'ONU, signale aussi Ban Ki-moon rejetant ainsi implicitement certaines des protestations du Maroc. Le Ministère de l'Intérieur marocain a à nouveau dénoncé, samedi dernier, que 1.400 personnes, en majorité des espagnols, sont entrées dans cet aire mais « encadrés par des éléments militaires du Polisario munis d'armes individuelles et de détecteurs de mines » à bord de 90 jeeps et de dix camions.

Dans un cas, au moins, le 20 août dernier, les 150 civils se sont montrés agressifs en jetant des pierres sur une patrouille de la MINURSO et sur les soldats marocains postés à proximité « sans que les forces armées du Polisario présentes sur place interviennent », regrettent les Nations Unies.

Dans ses conclusions Ban Ki-moon demande au Conseil de Sécurité de renouveler le mandat de la MINURSO pour un an, une période plus longue que d'habitude. Il est probable que les quinze membres de cette institution suivront sa recommandation.

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